Mise en garde — à lire avant utilisation
L’information présentée est de nature générale et vise à soutenir les bonnes pratiques en copropriété divise au Québec.
Elle ne constitue pas un avis juridique, d’ingénierie, de prévention incendie ou de courtage en assurance.
Avant toute décision, validez les exigences applicables auprès de sources officielles et de professionnels qualifiés (municipalité, autorités compétentes, conseillers juridiques, ingénieurs, préventionnistes et courtier d’assurance).
Description détaillée

Les incendies figurent parmi les sinistres les plus graves en copropriété.
Au‑delà des pertes matérielles et des délais de reconstruction, un feu met en jeu la sécurité des personnes et la responsabilité du syndicat de copropriété.
Un plan de sécurité incendie bien conçu est l’outil central pour prévenir, réagir et rétablir la situation plus rapidement.
Il facilite aussi la coordination avec le service de sécurité incendie, les assureurs et les fournisseurs spécialisés.
Pourquoi un plan de sécurité incendie en copropriété?
Un immeuble en copropriété regroupe des dizaines, parfois des centaines d’occupants, avec des particularités techniques (systèmes d’alarme, portes coupe‑feu, chute à déchets, stationnement intérieur, bornes de recharge).
Sans procédures claires et connues, la confusion s’installe au pire moment.
Un plan écrit et diffusé permet de :
- • Protéger des vies en accélérant l’alarme, l’évacuation et l’assistance aux personnes vulnérables.
- • Réduire l’ampleur des dommages en guidant les premières actions sécuritaires et la communication avec le 911.
- • Structurer les rôles du conseil d’administration, du gestionnaire, du personnel et des occupants.
- • Appuyer la conformité aux règles applicables (à valider selon votre municipalité, la Loi sur la sécurité incendie et le Code de sécurité du bâtiment) et répondre aux attentes des assureurs.
Les éléments essentiels d’un bon plan
Un plan efficace est pratique, visuel et propre à votre immeuble.
Il devrait comprendre, au minimum :
- • Profil de l’immeuble : adresse, nombre d’étages, systèmes de sécurité présents (alarme, gicleurs, détecteurs de fumée/CO dans les parties communes, génératrice, éclairage d’urgence), locaux à risques (salle électrique, salle mécanique, chaufferie, chute à déchets, garage).
- • Rôles et chaîne de communication : responsables désignés, suppléants, coordonnées d’urgence, consignes pour joindre le 911 et accueillir les pompiers.
- • Procédures d’alarme et d’évacuation : déclenchement/diffusion de l’alarme, fermeture des portes coupe‑feu, évacuation par les issues sécuritaires, point(s) de rassemblement externes, gestion des ascenseurs, lieux de refuge, aide aux personnes à mobilité réduite.
- • Mesures techniques : emplacements des coupe‑circuits, vannes de gaz et d’eau, commandes du système d’alarme, plans des étages et légende claire.
- • Entretien et vérifications : calendrier d’inspection des systèmes (à valider selon les exigences de la RBQ, des normes reconnues et des contrats d’entretien), traçabilité des corrections.
- • Communications et formulaires : avis aux occupants, registre d’exercices, rapport d’incident, consignes multilingues au besoin.
Rôles et responsabilités : qui fait quoi?
- • Conseil d’administration : adopte le plan, alloue le budget (signalisation, formation, entretien), désigne un responsable de la sécurité incendie, suit les rapports d’inspection et exige les correctifs.
Le conseil peut, au besoin, renforcer certaines règles dans le règlement de l’immeuble (p. ex. entreposage, appareils de cuisson extérieurs), sous réserve de la déclaration de copropriété et des lois applicables.
- • Gestionnaire/Direction de l’immeuble : met en œuvre le plan, organise la formation et les exercices, maintient les registres et l’affichage, coordonne les fournisseurs.
- • Personnel sur place (concierge, sécurité) : applique les premières mesures, sécurise les accès, accueille les pompiers avec les clés et plans, signale les informations critiques.
- • Copropriétaires et occupants : prennent connaissance des consignes, participent aux exercices, maintiennent les détecteurs et évitent d’obstruer les issues.
Les responsabilités en partie privative doivent être confirmées selon le Code applicable et la déclaration de copropriété.
Prévenir l’incendie au quotidien
La meilleure intervention est celle qu’on évite.
Insérez au plan et au règlement des pratiques préventives :
- • Électricité et chaleur : inspections périodiques des panneaux et des prises à risque, entretien des appareils, usage sécuritaire des rallonges.
- • Entretien domestique : nettoyage des filtres et conduits de sécheuse, gestion sécuritaire des déchets et matières combustibles.
- • Espaces communs et garage : aucune obstruction des issues, rangement contrôlé, bornes de recharge installées et entretenues par des professionnels qualifiés (à valider selon les règles techniques en vigueur).
- • Appareils de cuisson et fumeurs : consignes claires et, s’il y a lieu, restrictions prévues au règlement, en cohérence avec les normes applicables et à valider.
Adapter le plan à votre réalité
Chaque immeuble est unique.
Ajustez le plan selon :
- • La hauteur et la configuration (escaliers, ascenseurs, niveaux souterrains).
- • Le profil des occupants (personnes âgées, mobilité réduite, familles, animaux de compagnie).
- • Les langues parlées et l’accessibilité de l’information.
- • Les systèmes existants (gicleurs, génératrice, ventilation, contrôle d’accès).
- • Les travaux en cours ou à venir (mesures temporaires et révisions post‑chantier).
Exercices, formation et mises à jour
- • Formation initiale : pour le conseil, le gestionnaire et le personnel.
- • Sensibilisation des occupants : à l’emménagement, puis rappel annuel.
- • Exercices d’évacuation : au moins une fois par an est recommandé; la fréquence et la forme sont à valider selon les exigences municipales et la classification du bâtiment.
- • Revue annuelle du plan : mise à jour des coordonnées, des plans d’étage, des équipements et des procédures à la suite des incidents ou travaux.
Conformité et références à valider
Au Québec, des obligations peuvent découler des règlements municipaux, de la Loi sur la sécurité incendie et du Code de sécurité du bâtiment.
Les exigences varient selon la municipalité, le type d’occupation et la hauteur de l’immeuble.
Avant d’adopter votre plan, vérifiez :
- • Les attentes de votre Service de sécurité incendie local (modèles, approbation, exercices requis).
- • Les exigences techniques applicables (RBQ, normes de référence pour les alarmes, gicleurs et extincteurs) et les contrats d’entretien.
- • Les exigences de votre assureur/bureau de courtage (preuves d’entretien, fréquence des exercices, gestion documentaire).
Assurance : effets concrets sur votre couverture
Un plan clair et appliqué réduit la fréquence et la gravité des sinistres, facilite l’intervention des pompiers et l’enquête de l’assureur.
En cas de réclamation, la tenue de registres (exercices, entretiens, corrections) peut accélérer l’indemnisation.
À l’inverse, l’absence de mesures raisonnables de prévention peut accroître les risques de refus de protections spécifiques ou de conditions plus strictes au renouvellement.
Discutez des attentes précises avec votre courtier.
Étapes pratiques pour élaborer et adopter votre plan
- • Rassembler la documentation : plans d’architecture, déclaration de copropriété, coordonnées d’urgence, liste des occupants vulnérables (avec consentement), certificats d’entretien.
- • Effectuer une tournée de risques avec un professionnel compétent ou un préventionniste municipal, au besoin.
- • Rédiger le plan et préparer les plans d’évacuation visuels des étages.
- • Valider le contenu avec votre service incendie local et votre assureur (au besoin), et vérifier la conformité juridique.
- • Adopter le plan par résolution du conseil; allouer les budgets requis.
- • Communiquer le plan : affichage, trousses d’accueil, infolettre, site/répertoire des copropriétaires.
- • Former, exercer, corriger et documenter; revoir annuellement.
En conclusion
Un plan de sécurité incendie n’est pas un simple document : c’est un réflexe organisationnel qui sauve des vies, protège le patrimoine commun et renforce la gouvernance du syndicat.
En le rendant clair, vivant et adapté à votre immeuble, vous transformez une obligation pratique en véritable culture de prévention.
Pour vous outiller dans cette démarche, l’équipe d’Assurance de copropriétés au Québec peut vous orienter vers des ressources et bonnes pratiques adaptées à votre copropriété.
Comment utiliser ce document
- • Confier au conseil d’administration la responsabilité de piloter le dossier et nommer un responsable de la sécurité incendie avec un suppléant.
- • Inventorier les systèmes en place (alarme, gicleurs, extincteurs, éclairage d’urgence, génératrice) et collecter les certificats d’entretien des 24 derniers mois.
- • Contacter le Service de sécurité incendie de votre municipalité pour connaître les attentes locales (plan exigé, modèles, exercices) et valider les obligations.
- • Réaliser une tournée de l’immeuble avec votre gestionnaire et, si possible, un professionnel compétent en prévention incendie.
- • Rédiger ou mettre à jour le plan, produire les plans d’étage d’évacuation, désigner les points de rassemblement et préparer les gabarits de communication.
- • Adopter le plan par résolution du conseil, budgéter l’affichage, la formation et les exercices.
- • Diffuser aux copropriétaires et occupants (trousse d’accueil, aire commune, en ligne) et expliquer les consignes clés.
- • Planifier un exercice d’évacuation dans les 6 à 12 mois, puis revoir annuellement le plan et les registres.
- • Consulter votre courtier d’assurance pour intégrer les exigences spécifiques de l’assureur et optimiser la prévention.
Questions fréquentes
R. Cela dépend de la municipalité, de la classification et des caractéristiques de l’immeuble. Plusieurs services d’incendie exigent un plan pour les bâtiments multilogements. Vérifiez toujours auprès de votre ville, et validez au regard de la Loi sur la sécurité incendie et du Code de sécurité du bâtiment applicables.
R. Le gestionnaire ou le responsable désigné assure l’application quotidienne, la formation, les exercices et la tenue des registres.
R. Une révision au moins annuelle est recommandée et chaque fois qu’un changement important survient (travaux, modification des systèmes, nouveaux risques, incident significatif, changement de responsables).
R. Oui, c’est fortement recommandé. La fréquence, la forme et la supervision peuvent être prévues par votre municipalité pour certains types d’immeubles. Documentez systématiquement la tenue et les résultats des exercices. Parlez-en avec votre service d'incendie de votre municipalité.
R. Identifiez à l’avance les occupants concernés (avec consentement), désignez des personnes aidantes, prévoyez des aires de refuge et des consignes précises. Coordonnez ces mesures avec le service d’incendie local et révisez‑les régulièrement.
R. Prévoyez une ventilation adéquate, un entretien régulier, une signalisation claire et des procédures d’urgence. L’installation et l’entretien des bornes doivent être réalisés par des professionnels qualifiés; validez les normes techniques, les exigences de la RBQ et les règlements municipaux applicables.
R. Elles varient selon les lois et la déclaration de copropriété. De bonnes pratiques incluent l’entretien des détecteurs, des conduits de sécheuse et l’absence d’entreposage de matières combustibles. Vérifiez les exigences légales applicables et intégrez des rappels au règlement de l’immeuble.
R. Conservez le plan à jour, les preuves d’entretien des systèmes, les registres d’exercices et de formation, ainsi que les correctifs effectués. Partagez ces informations avec votre courtier et, au besoin, votre expert en prévention.
R. Oui. Plusieurs cabinets et préventionnistes offrent ce service. Assurez‑vous qu’ils connaissent bien la copropriété divise et les exigences locales, et validez toujours le contenu auprès des autorités et de vos assureurs.
R. Le plan en vigueur, les plans d’étage et d’évacuation, les certificats d’inspection et d’entretien, les rapports d’exercices, les procès‑verbaux d’adoption, la correspondance avec le service d’incendie et les assureurs.